Connaître les sources de revenu à la retraite, c’est important et plusieurs Québécoises et Québécois auraient besoin d’être mieux informés. Le niveau de revenu a ici un impact marqué, le degré de connaissance en matière de planification financière de la retraite étant en relation positive avec le revenu.
La confiance à l’égard du maintien du niveau de vie à la retraite semble s’estomper alors que la population québécoise vieillit. La proportion de ceux qui sont confiants passe de 81% pour les personnes âgées de 18 à 24 ans à 56% pour celles qui sont âgées de 55 à 64 ans. De plus, 45% des non retraités anticipent une détérioration de leur niveau de vie à la retraite. Cette vision serait trop pessimiste. En effet, 70% des jeunes retraités pensent avoir maintenu leur niveau de vie à la retraite.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes! Environ 64% des Québécois sont incapables d’estimer correctement leurs besoins réels. Alors que les experts s’accordent pour dire que le maintien du niveau de vie commande un taux de remplacement de revenu de 70%, près du tiers des non retraités croient que le taux de remplacement du salaire devrait être inférieur à 60%. De plus, seulement 36% des Québécois âgés de plus de 18 ans croient que le taux de remplacement de salaire à la retraite devrait se situer entre 60 et 80%. Ceux qui jugent que le revenu de travail devrait être remplacé à 60 à 80% sont d’ailleurs ceux qui prépareraient le mieux leur retraite.
Qui connaît ses besoins pécuniaires à la retraite agira aussi dès maintenant… En effet, parmi les 19% des Québécois qui ont déjà fait le calcul du revenu nécessaire à la retraite, 68,5% ont déjà commencé à épargner. Cette proportion baisse à 42,4% pour ceux qui n’ont pas fait une telle planification.
La connaissance du système québécois de sécurité de revenu à la retraite aurait une influence directe. On note que 41% des Québécois qui ont un faible intérêt en ce domaine sont incapables de faire la mention spontanée d’une source de revenus possible à la retraite. Or, une partie considérable de la population québécoise semble manquer de connaissances à ce niveau. Un Québécois sur cinq est incapable de nommer naturellement une source de revenus possible à la retraite.
Également, seulement 33% des Québécois mentionnent spontanément la pension de la Sécurité de la vieillesse (programme universel du fédéral), en tant que source de revenus à la retraite. De plus, il est étonnant de voir que seulement 38% des non retraités disent compter sur le Régime de Rentes du Québec à la retraite (ou du Régime de pension du Canada). Pourtant, une proportion significative des revenus de retraite de la majorité des travailleurs québécois devrait provenir de ce régime!
Les Québécois semblent connaître l’importance de l’épargne personnelle comme source de revenus en vue de la retraite. Une large part des non retraités, soit 57% d’entre eux, sont en mesure de nommer tout naturellement le REER en tant que source de revenus à la retraite. Qui plus est, près d’un non retraité sur trois dit compter sur son épargne personnelle à la retraite.
Le revenu serait le facteur le plus déterminant de la planification financière de la retraite. Entre autres, ceux qui ont un revenu considérable poseraient davantage de gestes concrets en vue de la retraite. D'ailleurs, 30% de ceux qui bénéficient d’un revenu élevé (plus de 55 000$) ont déjà calculé le montant total qui leur serait nécessaire à la retraite. Pas de surprise ici: ceux qui comptent sur le REER, en tant que source de revenus possible à la retraite, sont largement représentés par les personnes dont le revenu est élevé. Ce sont donc 67% des Québécois, gagnant plus de 55 000$, qui comptent sur le REER comparativement à 19% de ceux qui ont un revenu inférieur à 15 000$.
Une hausse du niveau de revenu correspondrait aussi avec une meilleure connaissance de la fiscalité du compte REER1. Ceux qui jouissent d’un revenu important tendraient également à mieux approximer le taux de remplacement de revenu nécessaire à la retraite2. La connaissance en matière de planification financière de la retraite augmenterait donc avec le niveau de revenu. Ceux qui bénéficient d’un revenu considérable sont particulièrement confiants en ce qui concerne le maintien de leur niveau de vie à la retraite3.
[1] Entre autres, 94% des non retraités dont le revenu personnel est de plus de 60 000$ connaissent l’existence du plafond annuel de cotisations au compte REER qui sont déductibles contre seulement 52% de ceux qui ont un revenu de moins de 20 000$.
[2] Ce sont 49% de ceux qui bénéficient d’un salaire de 55 000$ et plus qui seraient capables de faire une bonne approximation du taux de remplacement de salaire nécessaire à la retraite comparativement à 26% de ceux qui gagnent un revenu moindre.
[3] En effet, 70% de ceux qui gagnent 55 000$ et plus pensent maintenir leur niveau de vie à la retraite.
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