Par Gilles Bernier, Ph.D., Titulaire de la Chaire d'assurance et de services financiers L'Industrielle-Alliance de l'Université Laval, Partenaire de Question Retraite
_____________________________________________________________________________________
En mai 2009, Question Retraite retenait les services de la firme SOM afin de réaliser un sondage téléphonique portant sur l’importance de l’épargne individuelle et collective pour les travailleurs québécois âgés de 25 ans et plus. Au total, 1 502 personnes ont accepté de participer, ce qui représente un taux de réponse de 47,2 %. Les résultats ainsi obtenus ont fait l’objet d’une pondération pour s’assurer d’une bonne représentativité en fonction du nombre de travailleurs par ménage, de l’âge, du sexe, de la langue maternelle et du plus haut diplôme obtenu. La marge d’erreur maximale pour ce sondage est de 2,9 %, et ce, avec un seuil de confiance de 95 %.
L’un des volets du sondage traitait de l’incidence possible de la crise financière sur la vision des travailleurs québécois face à la planification de leur retraite. On s’interroge ici sur les effets de la crise financière qui a débuté en 2007 et qui, à bien des égards, est à la base de la crise économique qui perdure. En effet, cette crise financière s’est manifestée un peu partout dans le monde dû à un effet de contagion au sein du système financier international. On se rappellera qu’au Canada, et plus particulièrement au Québec, la crise financière a causé des problèmes de liquidité dans le marché du papier commercial (non bancaire) adossé à des actifs (PCAA). Ainsi, plusieurs de nos grandes institutions financières n’ont eu le choix que de racheter les unités détenues par les investisseurs qui avaient placé leur argent dans des fonds de type marché monétaire, lesquels contenaient des PCAA contaminés par la présence d’hypothèques à haut risque en provenance des États-Unis (connues sous le vocable « sub-primes »).
La crise financière ne semble avoir que peu d’impact sur l’âge prévu de la retraite. Ainsi, environ une personne sur dix (12 %) croit retarder sa retraite pour ce motif. Cette proportion est toutefois plus grande chez les 55-64 ans (22 %) et chez ceux qui croient que leur niveau de vie à la retraite se détériorera (22 %). Par ailleurs, la très grande majorité des répondants (82 %) ne prévoyait pas de changement en raison de cette conjoncture.
Ce sondage confirme à nouveau qu’une minorité de travailleurs planifie en vue de la retraite. Ainsi, 21 % des répondants disent avoir vraiment planifié de sorte qu’ils ont à la fois un objectif de revenu à la retraite et un plan pour l’atteindre; 7 % ont un objectif, mais n’ont pas vraiment planifié comment l’atteindre, alors que la grande majorité (72 %) ne s’est pas fixé d’objectif.
Ce sondage indique aussi que la crise financière amènera 40 % de ceux qui ont un plan à le réviser. L’impact de la crise sera plus important, au sens où plus de gens prévoient réviser leur plan parmi ceux qui en ont un, pour les groupes suivants :
Le quart de ceux qui n’ont pas de plan se disent par contre obligés, en lien avec la crise financière, de revoir leurs objectifs ou de s’en fixer s’ils n’en avaient pas. Il semble donc plus probable de revoir ses objectifs de revenus que de remettre en question l’âge de sa retraite. D’ailleurs, les femmes plus que les hommes (31 % vs 24 %) prévoient réviser leurs objectifs de revenus à la retraite à cause de tout ce contexte.
En somme, la crise financière a une incidence plus marquée sur ceux qui planifient que sur ceux qui ne planifient pas.
© 2010 - Question Retraite - Tous droits réservés